Jubilé de notre curé, le Père Christian Rochegude

Ce dimanche 4 juillet 2021, la paroisse solennisait le Jubilé de son curé, le Père Christian Rochegude. Lors de cette célébration de 50 ans de sacerdoce comme Prêtre de l’Eglise catholique, était aussi évoqué son départ de notre paroisse..

Pour l’occasion, le Père Guillaume Teissier, vicaire général du diocèse de Valence présidait la cérémonie et également l’admission à la première communion d’enfants de la catéchèse

Relation de l’évènement par un paroissien

Beaucoup de monde ce dimanche 4 juillet à la messe pour le jubilé du curé de la paroisse Sainte-Marie en Royans-Vercors. C’est en effet le 4 juillet 1971 qu’eut lieu en la cathédrale de Valence l’ordination de Christian Rochegude. De Valence à Saint-Jean-en-Royans, cinquante années et un jour d’une vie dédiée au Christ et à son Église ! Beaucoup de monde donc, membres de la famille ou amis venus de loin pour certains, et de très nombreux paroissiens  descendus du Vercors ou venus de tout le Royans.

Recueillement, simplicité et chaleur, trois mots qui disent bien l’atmosphère de ce beau dimanche à l’occasion de cette messe d’action de Grâce qui avait été très soigneusement préparée. Autour de Guillaume Teissier, vicaire général, qui présidait, se trouvaient le jubilaire et le Père Raymond Soinnard, prêtre retraité venu des Pyrénées orientales auquel les paroissiens du Royans sont très attachés. L’homélie du vicaire général retint particulièrement l’attention. Autre moment fort de la célébration : la première communion de trois enfants de la paroisse.

L’action de Grâce s’exprima notamment envers la Vierge Marie à travers le Magnificat et par le Te Deum, action de Grâce envers l’Église toute entière. Les chants, très suivis par une assemblée, était dirigé par Albert Christlen.

Après célébration eucharistique, rendez-vous fut donné aux paroissiens pour un verre de l’amitié servi dans la cour de la maison Saint-Joseph. Ce fut l’occasion de chaleureuses retrouvailles. Tout avait été soigneusement préparé par les équipes paroissiales et ces agréables moments furent suivis d’un non moins agréable repas partagé.

 

Homélie pour la messe jubilaire du Père Christian Rochegude (50 ans de sacerdoce), église de Saint Jean en Royans, le dimanche 4 juillet 2021

 (La Galatie a été évangélisée, le Royans est évangélisé – avec Manon, Romi et Enola, qui font leur première communion en ce jour – Être chrétien en ce lieu).

J’aime beaucoup le temps de compagnonnage qu’on trouve dans les Évangiles entre Jésus et ses disciples, car c’est une école de foi et de vie chrétienne. Et nous venons mettre nos pas dans ceux du Christ pour redynamiser notre vie à sa suite, « pour que nous ayons la vie en abondance » (Jn), celle qui comble profondément nos cœurs trop souvent inquiets.

Dans Marc, dans les passages qui précèdent l’Évangile d’aujourd’hui, nous avons suivi Jésus sur la lac, en terre païenne aussi, et là il accomplit des paroles et des gestes qui disent une chose : je suis venu vous libérer. De la maladie, de la peur de la mort. Il calme la tempête, chasse les maladies, expulse les démons, relève une morte…  Il apparait comme le maitre de la vie, comme s’il continuait l’œuvre de création et de recréation du Père. Car si nous avons été créés, nous pouvons être recréés. C’est la foi basique que nous espérons à chaque fois que nous poussons la porte d’une église.

Pourtant, en ce dimanche, nous ne méditons pas un succès mais un échec. Car cette œuvre de libération de Jésus, elle se heurte à l’incrédulité de sa patrie, à l’hostilité de ses proches, qui estiment qu’il a perdu la tête, ou qui ne peuvent pas voir en lui autre chose que le fils du charpentier, comme s’ils avaient une vision horizontale, et pas verticale de sa personne. Et c’est un problème très fréquent, nous voyons les personnes à travers un prisme très plat, de quelques actions et histoires, et nous ne connaissons pas le cœur, l’histoire qui est en train de se jouer sur son chemin de vie… (valable pour la manière dont on regarde les prêtres ? les laïcs ? tous ?)

En fait les proches de jésus ne veulent pas s’interroger en vérité sur Jésus, il n’y a pas de dialogue dans cette histoire, et on a reste à des a priori.

Ce n’est pas très gai. Sauf si on prend un autre chemin. Prenons conscience que, à partir de ce moment-là, Jésus n’ira plus dans les synagogues mais il va décider d’enseigner et de guérir dans les maisons. Une église domestique, de partage, refonder l’Église aujourd’hui c’est accueillir et visiter.

Jésus dit peu de choses dans ce passage, à part « un prophète est toujours méprisé… ». Il y a une sorte de leçon tirée des âges inscrite en lui (comme après 50 ans de sacerdoce).

C’est le caractère prophétique. Quand on est chrétien, on est prophète. C’est ce que nous devenons au baptême, quand nous recevons la grâce de vivre du Christ, comme le Christ, et nous traversons la vie en déployant un art de vivre, un style, qui est prophétique, sacerdotal et royal. Prêtres rois et prophètes.

Prêtres, vous l’êtes quand vous portez au cœur de ce monde un culte, que vous priez le Dieu vivant non seulement pour vous mais pour tous les hommes, et que vous témoignez qu’il y a quelque chose qui transcende nos vies.

Rois, vous l’êtes quand vous ne vivez pas pour vous mais pour les autres, quand toute forme de pouvoir et d’autorité est un service, quand vous prenez soin des fragiles (comme Jésus)

Prophètes, vous l’êtes quand vous vivez de la parole. Regardons Ezéchiel (1ere lecture), l’esprit et la parole viennent en lui, il se tient debout et il évolue dans un monde sans espérance, celui d’un monde ravagé par l’exil, où tout a failli. A son image, nous sommes des prophètes qui ne renoncerons jamais à l’espérance.

Espérer c’est choisir entre deux manières de voir les choses : soit nous voyons les problèmes, ce qui se détruit, disparait, et nous sommes dans le vertige que tout va s’effondrer, le climat se dérégler sans cesse, … soit nous voyons cela, mais nous refusons de nous laisser dominer par la peur, et nous chérissons et encourageons le vivant, ce qui rend plus humain, mais nous aimons ce monde, à tel point que quelquefois il faut en dénoncer les mauvais choix.

Est-ce qu’on va donner sa vie dans un monde qui meurt ? dans une Église qu’on estime perdue ? On donne sa vie parce que dans ce monde la grâce de Dieu est à l’œuvre et que le salut peut advenir, on donne sa vie comme prêtre dans l’Église parce qu’elle est le lieu où nous goutons le bonheur de vivre en frères et dans la compagnie du Seigneur. Pas de vocation sans bonheur partagé ! Si ce bonheur est loin de vous, il faut vite le retrouver.

Nous sommes ce peuple de baptisés, portant ce sacerdoce commun du baptême, … et il y en a quelques-uns qui reçoivent un sacerdoce ministériel, quelques-uns au service de tous, quelques-uns qui vous apportent la grâce des sacrements, qui au long des années baptisent, marient, vous donnent l’eucharistie, le pardon du Seigneur, qui vous accompagnent un temps pour vous aider à entrer dans l’intelligence de la parole et de la foi, … Ce sont les prêtres. Ils sont là pour vous aider à accomplir votre propre vocation et vous êtes là pour les aider à accomplir leur vocation (soutien mutuel).

Ils sont membres d’un presbyterium, ils sont membres du peuple de Dieu. Avec vous, et pour vous, comme disait St Augustin. Quand j’avais une quinzaine d’année, il y a donc 35 ans, j’ai entendu Christian, lors d’une sortie paroissiale, dire : « la vie de prêtre ça vaut le coup ! ». Il faut que chacun vous disiez cela autour de vous, et non seulement le dire, mais le penser, le croire profondément.

La prédication, le regard de Christian sur le monde et l’Église, la capacité de parler en 1 heure du romantisme, de musique classique ou hard rock, de Teilhard de Chardin, son recul sur l’histoire, … j’en ai été témoin depuis longtemps et j’en rend grâce.

Comme prêtres, nous collaborons à l’œuvre du Christ et nous sommes comme dans l’auberge du bon samaritain, nous essayons de panser les blessures, mais quelquefois aussi nous en causons, en pensée en parole par action et par omission, c’est « comme une écharde dans la chair ». Et avec l’Église, nous n’avons comme seul chemin que celui de la miséricorde : « ma grâce te suffit, ma puissance est dans tes faiblesses… »
Comme le disait Pierre Lambert, lors de la fête des jubilaires il y a une semaine à la cathédrale : « nous sommes dans les mains de Dieu mais il faut se bouger ». En marche donc !

Alors je souhaite un bon « pèlerinage » à Christian à Grignan, à Philippe qui arrivera ici, à vous qui allez « refonder » l’Église du Christ dans le Royans Vercors. Humblement, mais avec la force de la joie et de l’espérance. Christian a été très marqué en 74 par le synode sur l’évangélisation dans le monde moderne, et par sa rencontre avec Paul VI, celui disait : « L’Eglise doit entrer en dialogue avec le monde dans lequel elle vit. L’Église se fait parole, l’Église se fait message, l’Église se fait conversation » (ES67). En elle et autour d’elle, c’est la grâce que nous demandons ce matin.

Amen –

Guillaume Teissier, vicaire général 

 

Remerciements du Père Christian Rochegude, curé de la paroisse Sainte Marie en Royans-Vercors 

           Dimanche 4 juillet dernier nous avons célébré, en paroisse, mes 50 ans d’ordination sacerdotale. Un demi siècle au service de notre diocèse, dans des nominations multiples et variées, paroissiales et diocésaines, en lien à quatre évêques successifs.

          L’objectif de  la célébration du 4 était de rendre grâce à Celui qui est à l’origine de tout cela, par son appel initial au sacerdoce, qui l’a renouvelé au fil des nominations qui ont été les miennes, le Christ Jésus notre Sauveur et Seigneur, notre frère en humanité et divinité.

            L’objectif était de rendre grâce à Celui qui a permis que tout cela se réalise, sans qui rien ne peut se faire, le Saint Esprit, Lumière et Force de Dieu, qui a conduit Jésus à la Résurrection par  les épreuves de sa crucifixion et de sa mort, qui fait de même avec nous par le chemin de nos vies.

            L’objectif était de rendre grâce à Celui qui est éternellement à l’origine de toute vie, en raison de Son infinie et pure générosité, sa Sainteté, Dieu le Père.

           Nous avons fait cette démarche dans la célébration eucharistique du 4, l’action de grâce du Christ. A l’origine de notre action de grâce, la Vierge Marie Mère de l’Église, dans le Magnificat. Au final, en sortie, le Te Deum reprenait cette action de grâce avec l’Église toute entière, nous tous, toutes, ici et ailleurs dans la multitude de nos vies.

           Je viens maintenant, à vous paroissiens, vous dire un grand merci.

          Il a fallu préparer matériellement cette célébration, votre travail de «petites mains», dans une discrétion évidente, l’a permis, MERCI !

            Il a fallu vous déranger, venir parfois de loin, pour m’entourer dans cette action de grâce, lui donner sa dimension d’Église. Vous êtes venus, physiquement ou seulement de cœur, si des incontournables de votre vie vous en empêchaient, MERCI !

            Vous m’avez dit votre affection, votre amitié, votre sympathie, vos encouragements par de multiples attentions écrites, chaleureuses,  vous avez «mis la main à la poche», vous privant pour moi d’un peu de vous, MERCI!

           Au-delà de ces paroles, mes paroles bien faibles et limitées, je prie le Seigneur de vous remercier Lui-même, Il saura le faire à vraie hauteur de votre générosité. Avec Lui, en lui, par Lui, MERCI!

 Christian ROCHEGUDE, curé de Sainte Marie en Royans Vercors